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Le Nouveau Praticien Vét canine & féline
Volume 22, Numéro 92-93, 2025
Le Nouveau Praticien Vétérinaire canine & féline fête ses 25 ans
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| Page(s) | 9 - 9 | |
| Section | Dossier 1 : Syndromes paranéoplasiques | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/npvcafe/2025049 | |
| Publié en ligne | 5 décembre 2025 | |
Éditorial
Comprendre les syndromes paranéoplasiques en médecine vétérinaire

Jérémy Béguin
Les syndromes paranéoplasiques désignent l’ensemble des manifestations cliniques ou biologiques associées à un processus tumoral, mais non directement imputables à l’effet local ou métastatique de celui-ci. Ils résultent de la production de substances biologiquement actives (hormones, cytokines, auto-anticorps, etc.), de réactions immunitaires croisées, ou encore de perturbations métaboliques induites par certaines tumeurs. En médecine vétérinaire, les syndromes paranéoplasiques sont d’un intérêt primordial car ils peuvent précéder, accompagner ou compliquer le diagnostic d’un cancer, et parfois même en être le seul signe visible.
Pourtant, leur fréquence réelle est sans doute sous-estimée. Trop souvent méconnus ou négligés, ces syndromes représentent pourtant un signal d’alerte qu’il convient d’identifier le plus tôt possible. Leur reconnaissance précoce est essentielle : non seulement elle permet de suspecter une affection tumorale sous-jacente parfois encore silencieuse, mais elle ouvre aussi la voie à un diagnostic plus rapide, à une meilleure prise en charge de l’animal, et parfois à un ralentissement de l’évolution de la maladie. Il est donc capital que le vétérinaire ait en tête ces manifestations parfois discrètes, qu’il sache en reconnaître les signes avant-coureurs et qu’il puisse aussi en parler aux propriétaires, afin que ceux-ci participent à la surveillance de leur animal. Car dans de nombreux cas, un détail clinique rapporté par le propriétaire peut constituer la première piste menant au diagnostic.
Ce thème a été choisi également parce qu’il illustre parfaitement le fait que « tout est lié » : les syndromes paranéoplasiques ne concernent pas un seul organe ou un seul système, mais associent au contraire de multiples appareils (systèmes nerveux, endocrinien, cutané, hématologique, etc.). Ils rappellent ainsi que la cancérologie vétérinaire doit être abordée de façon intégrée et transversale, en tenant compte des effets systémiques d’un cancer au-delà de son siège initial.
En médecine vétérinaire, les syndromes paranéoplasiques sont d’un intérêt primordial car ils peuvent précéder, accompagner ou compliquer le diagnostic d’un cancer, et parfois même en être le seul signe visible.
Ce dossier se penche donc sur ces syndromes souvent subtils, mais d’une grande valeur diagnostique, chez le chien, le chat et les nouveaux animaux de compagnie. Reconnaître un syndrome paranéoplasique, c’est parfois entreprendre une démarche diagnostique de cancer en l’absence de masse palpable. C’est aussi offrir une meilleure prise en charge à l’animal, en tenant compte non seulement de la tumeur elle-même, mais aussi de ses répercussions sur l’organisme dans son ensemble. Notre ambition est de donner aux praticiens les clés pour mieux identifier ces syndromes, mieux en parler, et mieux accompagner les animaux atteints de cancer dans une approche globale et intégrée de la médecine vétérinaire.
Bonne lecture à tous.
© EDP Sciences, 2025
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